dimanche 21 décembre
J'habite un kiosque rose au fond du merveilleux...
La vie est une fleur que je respire à peine,
Car tout parfum terrestre est douloureux au fond.
J'ignore l'heure vaine, et les hommes qui vont,
Et dans l'Ile d'Email ma fantaisie est reine.
Mes bonheurs délicats sont faits de porcelaine,
Je n'y touche jamais qu'avec un soin profond;
Et l'azur fin qu'exhale en fumant mon thé blond,
En sa fuite odorante emporte au loin ma peine.
J'habite un kiosque rose au fond du merveilleux.
J'y passe tout le jour à voir de ma fenêtre
Les fleuves d'or parmi les paysages bleus;
Et, poète, royal en robe vermillon,
Autour de l'éventail fleuri qui l'a fait naître,
Je regarde voler mon rêve, papillon.

(Merci Anne-Julie!)
Albert Samain est un auteur français né à Paris en 1858. Son père mourut quand il était très jeune, il pris alors un emploi modeste à la Mairie de Paris pour subvenir aux besoins de sa famille. Passionné de poésie, il publia deux recueils lyriques, "Au jardin de l’Infante" (1893) et "Aux Flancs du vase" (1898), suivis après sa mort du "Chariot d’or" et d’un drame en vers, "Polyphème". Il n'était âgé que de 42 ans lorsqu'il succomba à la tuberculose.
Sa poésie demeure traditionnelle, les symboles restent clairs, et bien qu'il fut très influencé par Verlaine et Baudelaire, son œuvre dans l'ensemble se rapproche davantage de Victor Hugo. Sa sensibilité élégante et délicate lui a inspiré des poèmes rêveurs et nostalgiques, très représentatifs de l’atmosphère symboliste. "Extrême-Orient II" est un de ces poèmes qui vous entêtent, que l'on aime se réciter intérieurement, se délectant de chaque mot, le savourant, inlassablement. Albert Samain est un auteur dont les écrits me rendent heureuse! C'est tout simple mais c'est vrai.
Anne-Julie en revanche, je ne la connais que depuis peu. Lorsque j'ai découvert ces boucles d'oreilles sur son site, j'ai immédiatement pensé à ce poème. Maintenant qu'elles sont enfin à moi, je vous livre du même coup mon poème préféré et mes boucles d'oreilles chéries! Bon week-end à tous!
Albert Samain is a french author born in Paris in 1858. His father died when he was very young, so he began to work early to provide basic needs to his family. Poetry was his passion, and he published two lyric collections "Au jardin de l'Infante" (1893) and "Aux flancs du vase" (1898), followed after his death by "Chariot d'or" and a drama, "Polyphème". He was only 42 years old when he died from tuberculosis.
His poetry is traditionnal, with powerful symbols, and though he was much influenced by Verlaine or Baudelaire, his works are more linked to Victor Hugo's. His delicate and elegant sensivity inspired him with dreamy and nostalgic poems, very representative of the symbolistic atmosphere. "Extrême Orient II" is one of these poem you just can't get enough of, the kind of poems you like to play and repeat in your mind all day long. Albert Samain's words make me happy. It's quite simple, but it's so true!
As for Anne-Julie, I first heard of her very recently. When I firts saw this earrings on her website, I immediatly remembered this poem. Now, they're mine, finally, so I wanted to share with you both my favorite poem and my new pretty earrings. Have a nice week-end!
mercredi 08 octobre
Muse aux mille visages
Réinterpréter 7 oeuvres d'art mondialement connues, avec un même objectif, sous les traits d'une seule femme, en se limitant à mettre en scène des créations de Haute Couture modernes, et pourtant surprendre encore? Pari tenu pour Julianne Moore et Peter Lindberg.
La première est une actrice que j'aime beaucoup, particulièrement depuis le film "Cookie's Fortune". Quant à Peter Lindberg, je suis sa carrière avec attention, tant je le trouve créatif, impertinent, perfectionniste.
Pourtant, en posant les yeux sur cette séance photo, j'ai eu le sentiment de découvrir ces 2 artistes pour la première fois...
Giving a new interpretation of 7 masterpieces, which are universally known, with only one photographer, with only one woman as model, using nothing else but modern Haute Couture creations, and yet be able to
surprise, still? Julianne Moore and Peter Lindberg hold the bet.
Julianne is an actress I really like, particularly since the movie " Cookie's Fortune" came out. As for Peter Lindberg, I'm a big fan of his career, for he seems to me so impertinent, perfectionist and creative.
However, when I saw this pictures some days ago, I felt like discovering these 2 artists for the first time…
En haut: "Woman With a Fan", Amadeo Modigliani (1919).
En bas: Julianne porte une robe Calvin Klein et des gants Carolina Amato.
1st picture: "Woman With a Fan", by Amadeo Modigliani (1919).
2nd picture: Julianne wears a Calvin Klein dress, gloves by Carolina Amato.
En haut: Julianne dans une robe et chaussures Dior Haute Couture.
En bas: " Adele Bloch-Bauer", Gustav Klimt (1907).
1st picture: Hand-painted and embroidered dress and platforms, Dior Haute Couture.
2nd picture: "Adele Bloch-Bauer I", by Gustav Klimt (1907).
En haut: "The Cripple", huile sur toile de John Currin (1997).
En bas: Le corset que porte Julianne est une création Bottega Veneta.
1st picture: "The Cripple", by John Currin (1997).
2nd picture: Julianne in a corset by Bottega Veneta.
En haut: Toute la grâce d'une robe Armani Privé en pétales de soie et d'organza, ballerines Repetto, rubans et ceinture (appartiennent à la styliste).
En bas: "La petite danseuse de quatorze ans", bronze d'Edgar Degas.
1st picture: Silk-organza petal dress with jewel brooch, Armani Privé. Ballet shoes, Repetto. Ribbon and sash, stylist's own.
2nd picture: "Little Dancer, Aged Fourteen", by Edgar Degas.
A gauche: "Man crazy nurse", Richard Prince (2003).
A droite: Robe, lingerie, chapeau, masque, ceinture: Louis Vuitton.
On the left: "Man Crazy Nurse", by Richard Prince (2003).
On the right: Sheer dress, slipdress, hat, mask, and belt, Louis Vuitton.
En haut: Belle sauvageaonne en robe du soir Lanvin. Bas, Wolford.
En bas: "Edith assise à la jambe repliée", Egon Schiele (1917).
1st picture: Dress, Lanvin. Thigh-highs, Wolford.
2nd picture: "Seated Woman With Bent Knee", by Egon Schiele (1917).
En haut: "Madame X", John Singer Sargent (1884).
En bas: Robe-fourreau, Collection Ralph Lauren.
1st picture: "Madame X", by John Singer Sargent (1884).
2nd picture: Gown, Ralph Lauren Collection.
***
Si je suis si enthousiaste à la vue de ces clichés, c'est aussi parce qu'il y a quelques années, Julianne a déjà joué les muses, et j'avais trouvé dommage que le photographe se limite à une seule œuvre tant le résultat m'avait plu.
Qui sait, peut-être que je l'ai souhaité si fort que ça a résonné un soir aux oreilles de M. Lindberg!
If I am so enthusiastic when looking at this pictures, it's also
because a few years ago, Julianne already posed this way, and I wished the photographer made more pictures with the same concept, since the result was so amazing.
Who knows, perhaps did I hope it so strongly that one evening, my wish met Mr. Lindberg's ears!
"Grande Odalisque" Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1814.
Julianne....
Elle transcende littéralement l'objectif... Quant à l'éventail en plumes de paon, une certaine Princesse ne devrait pas y rester indifférente... Je me plaît à imaginer que ce cher Jean-Auguste serait probablement tombée sous le charme, lui aussi... Et vous?
It's impressing how one can daze into her eyes… As for the range in peacock's feathers, a Princess I know should not remain indifferent… I like to imagine that this dear Jean-Auguste would have probably
be charmed, too… So, what do you think?
mardi 02 septembre
"Red tide"
"La marée rouge"
La première toile de cette catégorie se devait d'être une de mes peintures préférées! Voici donc "Red tide", huile sur toile du peintre américain Frank Hopper.
Au-delà du simple aspect "technique", de la perfection du trait, de la qualité des couleurs, de l'originalité du sujet et de la sensibilité évidente de l'artiste, il y a plein de raisons pour lesquelles j'aime cette toile.
J'aime comme elle stimule l'imagination! Que s'est-il passé pour que cette sirène arrive ici? A-t-elle lutté dans les vagues jusqu'à l'épuisement? Mais il y a des poissons morts autour d'elle, sont-ils victimes d'une tempête violente ou d'une vague de pollution? Et ce pêcheur, croyait-il aux sirènes quand il était petit?
J'aime qu'il soit là pour la sauver, j'aime la façon dont il se tient là, à côté d'elle, un genou plié, comme un homme sur le point de faire sa demande en mariage. En même temps, à la manière émerveillée dont il ouvre ses bras, on sent le petit garçon au fond de lui, qui n'arrive pas à croire ce qu'il voit.
J'aime la grâce de cette jolie sirène, son corps d'albâtre et ses écailles d'argent. Elle est à moitié nue, et pourtant innocente, sûrement agile et forte dans l'eau, mais si vulnérable hors de son élément...
Et ensuite, que va-t-il se passer?
***
The first painting in this category had to be one of my favorite paintings!
Here thus " Red tide" , oil on fabric by the American painter Frank Hopper.
Beyond the " technical" side, I mean the perfection of the feature, the quality of the colors, the originality of the subject and the artist's obvious sensitivity, there are many reasons why I like this fabric.
I like the way it stimulates imagination! What happened to this mermaid fr her to lay here? Did she fought in the waves until exhaustion? But there are dead fishes around her, are they victims of a violent storm or of pollution? And this fisherman, did he believe in mermaids when he was a child?
I like that he's here to save her, I also like the way he's staying beside her, on folded knee, like a man about to make his proposal. At the same time, looking at the way he opens his arms, you can guess there's a little boy inside him, a kid who can't believe what he sees.
I like this pretty mermaid's grace, her snow-white body and her silver scales. She's half naked, and yet innocent, surely nimble and strong in water, but so vulnerable once out of its element…
And what's gonna happen then?
lundi 25 août
Le bateau ivre
Un double bonheur ce soir!
Tout d'abord j'ai enfin pu retrouver et photographier le fameux bateau ivre qui occupait mon esprit depuis plusieurs semaines, ensuite j'ai assisté à un éblouissant coucher de soleil..
Concernant cette sculpture, je l'aime tout d'abord pour sa disposition: située en haut d'une petite colline, elle surgit de la terre comme un bateau fendant les vagues, et puis elle est constituée de plusieurs morceaux, ce qui est trés intéressant visuellement: on ne sait plus si c'est le bateau qui est ivre, ou le spectateur!
Mais assez parlé, la voici...
2 reasons to be happy tonight!
First, I've finally found and photographed the famous "Bateau ivre" (~"drunk boat"?..) which has been on my mind for several weeks, after that I've been attending a dazzling sunset.
Concerning this sculpture, I like it first because of its provision:
located on the top of a small hill, it emerges from the ground like a boat
splitting the waves, and then it consists of several pieces, which is very interesting
visually: you can't say if it's the boat which is drunk, or
the spectator!
Here it is:
"Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;
Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !
Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !"
(...)
Arthur Rimbaud (1854 - 1891)
L'oeuvre originale est bien plus longue, j'ai seulement reproduit ci-dessus mon passage préféré, mais vous pourrez savourer l'intégralité du poème ici.
The original poem is much longer, I chose to show only my favorite part, but if you want to read more, you'll find the whole text here.






















